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Une époque de bouleversements

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Peter B. MacDonald, M.D., FRCSC,
Président de l’Association Canadienne d’Orthopédie

En tant que praticiens, et plus particulièrement en tant qu’orthopédistes, nous sommes confrontés aux changements qui bouleversent actuellement le milieu de la santé, voire le monde en général. Les soins de santé représentent jusqu’à 45 % des budgets provinciaux, une proportion qui tend à croître chaque année; cette réalité nous rappelle que, avant tout, nous devons faire tout en notre pouvoir pour rendre le système le plus efficace possible.

Le 6 avril 2017, l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS) et la campagne nationale Choisir avec soin ont publié un rapport selon lequel jusqu’à 30 % des examens, interventions et traitements médicaux effectués au Canada sont potentiellement non nécessaires. Parmi ceux-ci, mentionnons le recours à la tomodensitométrie (TDM) en cas de traumatisme crânien mineur, l’administration de benzodiazépine chez les personnes âgées, la prescription non nécessaire de médicaments pour traiter l’insomnie chez les enfants, et le recours à un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour des douleurs au bas du dos et dans d’autres circonstances, comme des douleurs au genou dues à l’arthrose.

Choisir avec soin nous rappelle que des lignes directrices fondées sur des données probantes permettent d’endiguer ces tendances bien ancrées dans notre système de santé et, pourtant, sans avantage pour la population. Les médias ont récemment traité des recommandations du British Medical Journal (BMJ) en matière d’arthroscopie du genou en cas d’arthrite. Ces recommandations ne comportent rien de vraiment nouveau du point de vue scientifique depuis l’essai clinique aléatoire de feu Sandy Kirkley et du groupe de l’Université Western, dont les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine (NEJM) en 2008. Cela dit, même si on tend à s’éloigner de cette intervention, il est possible qu’on y ait encore recours trop souvent.

Nous devons aussi gérer plus efficacement notre utilisation de l’imagerie. C’est en partie à nous qu’il revient de sensibiliser les médecins de première ligne au recours judicieux à l’IRM, une ressource précieuse, pour éviter les examens non nécessaires, entre autres dans les cas d’arthrose au genou. Nous devons tous nous fonder davantage sur les données probantes; j’ai d’ailleurs hâte d’entendre le Dr James Wright, conférencier invité par le président à la Réunion annuelle d’Ottawa, qui met en doute notre capacité à le faire au quotidien dans notre exercice.

Dans un autre ordre d’idées, il est bon qu’on nous rappelle notre responsabilité sociale à titre d’orthopédistes. Au fil des dossiers, nous croisons des situations dont nous faisons fi ou que nous ne décodons pas, y compris les cas de violence conjugale et de dépendance aux opioïdes. Nous recommandons à tous les orthopédistes de rafraîchir leurs connaissances au sujet de la violence conjugale en lisant les Énoncé de position sur la violence conjugale et pratiques exemplaires recommandées de 2017. Le Comité sur les normes, présidé par le DJeff Gollish, étudie quant à lui le dossier de la crise des opioïdes et devrait informer les membres de ses constatations sous peu.

C’est le dernier droit avant la Réunion annuelle d’Ottawa, qui a lieu du 15 au 18 juin 2017. Ville magnifique, Ottawa est particulièrement attrayante cette année à l’occasion des célébrations du 150e anniversaire de la Confédération, sans compter que notre programme de formation vous propose du contenu de qualité et pertinent pour l’ensemble du milieu orthopédique. Ce devrait être l’une des réunions les plus réussies des dernières années. Sherry et moi avons hâte de vous y voir!